Qui fut Jeanne Crevier?

Elle a donné son nom à notre Centre d’hébergement et à notre Fondation. À l’occasion du 325e anniversaire de Boucherville, la Société du patrimoine a fait ériger un monument en son honneur, tout juste à côté de celui de Pierre Boucher.

Mais qu’a donc accompli Jeanne Crevier de si exceptionnel pour que son souvenir soit toujours vivace? En fait, elle peut être considérée à fort juste titre comme la cofondatrice de Boucherville. Même si l’histoire officielle ne lui a pas réservé une grande place, son rôle dans la seigneurie fut remarquable.

Jeanne est née en France en 1636. Son père, Christophe, boulanger à Rouen, s’établit aux Trois-Rivières trois ans plus tard. C’est là qu’elle fera la connaissance de Pierre Boucher et l’épousera à l’âge de 16 ans.

Interprète et militaire, Pierre a 30 ans. Capitaine du bourg des Trois-Rivières, il en deviendra bientôt le gouverneur et le juge royal.

En 1653, Jeanne accouche d’un fils baptisé Pierre, comme son père, premier enfant d’une famille qui en comptera quinze.

En 1667, la famille Boucher s’installe dans la seigneurie des Îles Percées que lui a concédée M. de Lauzon. Ici tout est à faire et à construire. En outre, le pays est en guerre et il faut constamment se protéger contre les incursions des Iroquois. Cependant, grâce au courage et à la ténacité des nouveaux colons, la seigneurie progresse et sera vite une des plus prospères des environs de Montréal.

La mort de Pierre Boucher, en 1717, vient mettre fin à 64 ans de vie commune. Dans son testament il écrit à sa chère Jeanne : « Je m’examine sur le temps que nous avons vécu ensemble, mais ma conscience ne me reproche rien, si ce n’est de vous avoir trop aimée; mais en cela, je n’y vois aucun mal, grâce au Seigneur. »

Dix ans plus tard, dans sa quatre-vingt-douzième année, la fille du boulanger de Rouen devenue seigneuresse en Nouvelle-France s’éteint à son tour. Aujourd’hui, elle vit encore dans sa nombreuse descendance et dans notre mémoire.